Crypto-christianisme et catholicisme dans la société villageoise japonaise (XVIIe-XIXe)

vendredi 5 décembre 2014
par  SFEJ
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Martin NOGUEIRA RAMOS

Thèse de doctorat soutenue le 22 novembre 2014

à l’Université Paris Diderot

Ecole Doctorale 131 : Langue, Littérature, Image : civilisation et sciences humaines (domaines anglophone, francophone et d’Asie orientale)
Centre de recherche sur les Civilisations de l’Asie Orientale

Jury
Mme Annick Horiuchi, professeur des universités (Paris Diderot), directrice de la thèse
Mme Nathalie Kouamé, professeur des universités (Paris Diderot), présidente du jury
M. François Lachaud, directeur d’études (EFEO)
M. François Macé, professeur des universités (INALCO)
M. Claude Prudhomme, professeur émérite (Lyon-II)

Crypto-christianisme et catholicisme dans la société villageoise japonaise (XVIIe-XIXe)

Cette étude porte sur les communautés villageoises catholiques et crypto-chrétiennes du Japon des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Notre objectif était de déterminer si ces communautés, de par leur particularité religieuse, présentaient des caractéristiques propres dans leur organisation sociale et économique et aussi de réfléchir sur l’importance du fait religieux dans le quotidien de la paysannerie.
Six chapitres composent ce travail. Le premier, qui concerne le XVIIe siècle, montre comment les autorités féodales mettent en place la répression antichrétienne et de quelle manière les chrétiens s’organisent pour y faire face. Le second, qui porte sur l’organisation des communautés crypto-chrétiennes durant la période de clandestinité (fin XVIIe-1865), et le troisième, qui a trait à la diffusion du catholicisme dans la région de Nagasaki entre 1865 et le début des années 1870, montrent le haut degrés d’organisation de ces populations et leur extrême mobilité. Dans le chapitre 4, les croyances des chrétiens cachés et catholiques du XIXe siècle sont analysées en détail. Le chapitre 5 est centré sur la réaction des autorités shogunales puis impériales à la résurgence de la question chrétienne entre 1865 et 1873, année qui marque les débuts de la tolérance de cette religion. Enfin, le dernier chapitre traite de l’affirmation du catholicisme et du clergé dans la société villageoise du Kyūshū entre 1873 et l’octroi de la liberté de culte en 1889.
Dans le volume d’annexes, figurent des documents représentatifs des sources employées pour la réalisation de cette étude (témoignages de paysans, correspondance missionnaire et rapports de l’administration japonaise).

Hidden Christianity and Catholicism in the Japanese Village Society (17th -19th)

This study is about Catholic and hidden Christian village communities in Japan during the 17th, 18th, and 19th centuries. My aim was to determine if these communities, due to their particular religious background, presented distinguishing features in their social and economical organization and also to think about the importance of religion to the daily life of the peasantry.
My work is divided into six chapters. The first one, which is about the 17th century, shows how the feudal authorities set up antichristian repression and how Christians organized themselves to face it. The second, which concerns the organization of hidden Christian communities during the period of secrecy (end of 17th century-1865), and the third, which is related to the propagation of Catholicism in the region of Nagasaki between 1865 and the beginning of the 1870s, present the high level of organization of this population and its extreme mobility. In the fourth chapter, I study the beliefs of the 19th century hidden Christians and Catholics. The fifth chapter is centered on the reaction of shogunal and imperial authorities to the resurgence of the Christian question between 1865 and 1873, the year in which toleration of this religion begins. The last chapter is about affirmation of Catholicism and its clergy in the village society of Kyūshū between 1873 and the granting of freedom of religion in 1889.
Representative documents of the primary sources used for this study are included (peasants’ accounts, missionary correspondence, administrative reports) in the appendix.