Au-delà des montagnes, une étude de l’imaginaire religieux dans le Japon médiéval à travers le Shozan engi (fin XIIe siècle)

dimanche 19 octobre 2014
par  SFEJ
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Carina ROTH

Thèse de doctorat soutenue le 19 septembre 2014

Université de Genève, Genève, Suisse
Faculté des Lettres, Département d’études est-asiatiques
Unité de japonais

Jury

M. Pierre Souyri, professeur ordinaire (Université de Genève), directeur de la thèse
Mme Anne Bouchy, directrice d’études (EFEO), co-directrice de la thèse
M. Nicolas Zufferey, professeur ordinaire (Université de Genève), président du jury
M. Jean-Noël Robert, professeur (Collège de France)
M. Bernard Faure, professeur (Columbia University)

Résumé

Au-delà des montagnes, une étude de l’imaginaire religieux dans le Japon médiéval à travers le Shozan engi (fin XIIe siècle)

Par la traduction et l’analyse du Shozan engi 諸山縁起, cette thèse étudie l’imaginaire religieux du Japon médiéval. Le Shozan engi, un document religieux compilé à la fin du XIIe siècle, est considéré comme l’un des textes fondateurs du shugendô 修験道, la "voie des pouvoirs par la pratique", un courant religieux centré sur les pratiques ascétiques en montagne.

La première partie, introductive, est consacrée à l’espace méthodologique dans lequel le Shozan engi est étudié au Japon, et qui se place à cheval entre les études sur le shugendô et celles sur les engi 縁起 (récits d’origine). Ces deux domaines se sont l’un comme l’autre développés sous la houlette de l’ethnologie du Japon (minzokugaku 民俗学), dont ils portent l’empreinte idéologique. La deuxième partie de la recherche, qui représente le corps central de la thèse, explore les différentes modalités de l’imaginaire religieux mis en oeuvre dans notre texte. Cet imaginaire fait un usage approfondi des différentes aperceptions religieuses liées aux montagnes dans le Japon ancien et médiéval, et les met à profit pour créer un univers cohérent à partir de pratiques encore éparses. Si la deuxième partie du travail étudie le Shozan engi comme un réservoir de traditions en devenir, la troisième partie a pour objectif de déterminer le contexte probable de rédaction et de diffusion de ce document. Bien que le Shozan engi soit un "texte de pratique", décrivant en premier lieu des parcours ritualisés à travers les montagnes et les traditions religieuses qui s’y rapportent, son contexte d’utilisation dépasse les frontières de la seule pratique en montagne, et s’insère dans une stratégie politico-religieuse plus étendue, celle du Kôfuku-ji 興福寺, le temple le plus influent de la région du Yamato 大和.

Le volume d’annexes comprend cartes et tableaux, le résumé et la traduction complète du Shozan engi, ainsi que le DVD du film Là où les montagnes volent, réalisé en 2010 avec ma soeur Sandra Roth.

Abstract

Beyond the mountains, a study on the religious imaginaire of medieval Japan, centering on the Shozan engi (end of 12th c.)

Through the translation and the analysis of Shozan engi 諸山縁起, this research studies the religious imaginaire at work in medieval Japan. Shozan engi, a religious document compiled at the end of the 12th century, is considered one of the founding texts of Shugendô 修験道, the "Way of powers through practice", a religious tradition centered on mountain asceticism.

The first part, an introduction, looks at the methodological space in which Shozan engi is studied in Japan, which places itself between research on Shugendô and research on engi 縁起 (foundation narratives). Both disciplines developed themselves under the aegis of Japanese ethnology (minzokugaku 民俗学) and strongly bear its imprint. The second part of the research, its core, explores the various modalities in which a complex religious imaginaire surfaces in our document. This imaginaire makes extended use of different religious concepts and images linked to mountains in ancient and medieval Japan. It then builds on them to create a coherent universe from yet scattered practices. If the second part of my research studies Shozan engi as a reservoir for emerging traditions, the third part aims at determining its potential context of redaction and distribution. Although Shozan engi is a "text of practice", which describes in the first place ritualized routes in the mountains and their pertaining traditions, the broader context of its use evolves beyond the limits of mountain practice. It is clearly part of a wider politico-religious strategy, that of Kôfuku-ji 興福寺, the most influential temple in the Yamato 大和 region.

The volume of annexes holds maps and tables, summary and complete translation of Shozan engi, and the DVD of the film Where Mountains Fly, made in 2010 with my sister Sandra Roth.