Les Nanotechnologies dans la science-fiction japonaise (1960-2010)

samedi 12 septembre 2015
par  SFEJ
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Thèse de doctorat soutenue par Denis TAILLANDIER

à l’Université Lyon III Jean Moulin
le vendredi 28 août 2015

Directeur de thèse : M. Jean-Pierre GIRAUD.

Jury composé de :

- Christian Galan, Professeur des Universités, Université Jean Jaurès – Toulouse 2
- Jean-Pierre Giraud, Professeur des Universités, Université Jean Moulin – Lyon 3
- Jérôme Goffette, Maître de Conférences HDR, Université Claude Bernard – Lyon 1
- Thomas Lamarre, Professeur, Université McGill (Montréal, Canada)
- Susumu Niijima, Maître de Conférences, Université Keiô (Tôkyô, Japon)
- Philippe Walter, Professeur des Universités émérite, Université Stendhal – Grenoble 3

Résumé de la thèse :

L’objectif de cette thèse est de montrer que la science-fiction japonaise, encore largement méconnue et très rarement traduite, offre un formidable terrain d’investigation pour une réflexion sur les technosciences, et plus spécifiquement les nanotechnologies. Elle repose sur l’idée que, contrairement aux travaux scientifiques, les textes littéraires, dans leur diversité, permettent de révéler les problèmes socio-culturels et représentationnels liés aux changements conceptuels et aux innovations technologiques. Elle emprunte la méthodologie et le cadre pluridisciplinaire des études culturelles, afin de souligner le fait que l’imaginaire nanotechnologique s’est formé à partir d’un nœud complexe de récits aux frontières extrêmement poreuses, qui s’articulent autour de plusieurs formes de discours (scientifique, littéraire, philosophique, politique, artistique). Structurée chronologiquement autour de trois grandes périodes, ce travail explore des œuvres de science-fiction japonaise dont tout ou partie de l’univers se fonde sur un novum (une innovation science-fictionnelle) associé aux nanotechnologies. La première partie, entre 1959 (le discours fondateur de Feynman) et l’année qui voit la création du terme nanotechnologie par Taniguchi Norio 谷口紀男 (1974), s’intéresse cependant aux œuvres qui préfigurent l’imaginaire nanotechnologique, dont elle retrace la formation à partir d’un large faisceau de motifs antérieurs. La seconde partie couvre les deux décennies de 1980 à l’an 2000 lorsqu’apparaissent, sous l’influence décisive de Drexler (Engins de création, 1986), des novums explicitement nanotechnologiques, avec les nanomachines comme motif central. La troisième partie analyse finalement des œuvres du début du XXIe siècle. Les idées de Drexler ont largement pénétré l’imaginaire collectif, et les écrivains japonais de la zero nen-dai ゼロ年代 esquissent des avenirs où les nanotechnologies permettent de remodeler le monde à un tel niveau qu’elles ouvrent l’ère du post-humain.