La composition médiatique des populismes. Une comparaison France-Japon

mardi 6 décembre 2016
par  SFEJ
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La composition médiatique des populismes. Une comparaison France-Japon

Thèse soutenue le lundi 05 décembre 2016

par Xavier Mellet

à SciencesPo Paris

devant le jury composé de :
M. Dominique BOULLIER, professeur des Universités, IEP de Paris
Mme Anne-Guibourg DELAMOTTE, maître de conférences, INALCO
M. Christophe JAFFRELOT, directeur de recherche, CNRS-CERI
Mme Nonna MAYER, directeur de recherche émérite, CNRS-CEESP
Mme Cécile MEADEL, professeur des universités, Université Panthéon-Assas – IFP, rapporteure
M. Tōru YOSHIDA, Associate Professor, Hokkaidō University, rapporteur

Résumé
Cette thèse propose une réflexion sur le concept de populisme aujourd’hui, à partir d’une comparaison entre des cas français et japonais. Elle se focalise sur des périodes de campagne électorale et l’étude d’éléments présents dans les comptes rendus de presse écrite : des idées et des personnages. Son raisonnement est structuré en deux parties. La première présente le concept de populisme et ses problèmes actuels, puis propose une réflexion d’ordre méthodologique, centrée sur la volonté de ne pas séparer les populistes des démocrates, et de considérer le populisme comme intrinsèque au politique. Dans le lignage de la théorie de la « raison populiste » d’Ernesto Laclau, cette partie défint une théorie du populisme comme composition médiatique : il y a du populisme quand s’opère avec succès une composition autour d’un élément dont on perçoit la trace médiatique.

La seconde partie s’attache à étudier ce phénomène à travers une comparaison France-Japon. Elle définit les caractéristiques principales des compositions telles qu’elles se réalisent dans les deux pays, s’agissant à la fois de la composition de l’incarnation (comment l’on devient chef) et de celle du projet politique (comment l’on devient un enjeu central), au sein des élections législatives japonaises de 2005 et 2009, et de l’élection présidentielle française de 2007. Elle rend compte des spécificités de l’émergence de dynamiques populistes dans les deux pays, qui consiste en l’expansion d’un élément au sein d’une campagne, qu’il soit personnage ou idée. Une attention particulière a été accordée à François Bayrou, Ségolène Royal (2007) et Koizumi Junichirō (2005) ; ainsi qu’à la privatisation de la poste (2005), l’idée d’alternance (2009), et mai 68 (2007). La conclusion de ce travail propose une théorie du populisme comme émergence et des pistes méthodologiques futures centrées sur la notion de « monade ».

The mediatic composition of populisms. A Japan-France comparison.

This thesis offers a study of the concept of populism today, through a comparison between French and Japanese cases. It focuses on election campaigns and the study of elements present in newspapers articles. The reasoning is divided into two parts. The first one analyzes the current problems of the concept of populism, and then proposes a methodological reflection, based on a will not to distinguish populist people from democrats, and the empirical inclusion of populism and the political. Following Ernesto Laclau’s “populist reason” theory, this part gives a definition of populism as a “mediatic composition” : populism exists when a composition is successfully created around an element that is visible within mass media content.

The second part is dedicated to the study of such phenomena through a Japan-France comparison. It defines the main characteristics of the compositions seen in both countries, with particular regard to incarnation (how to become a leader) and the political project (how to become a central issue), within the 2005 and 2009 Japanese legislative elections and the French 2007 presidential election. It dwells on the specificities of each country regarding the emergence of populist dynamics, consisting of elementary expansions within a campaign, whatever its nature (proposition, person, enemy…). A particular attention is given to François Bayrou, Ségolène Royal (2007) and Koizumi Junichirō (2005) ; as well as the postal privatization (2005), the change in government (2009) and May 68 (2007). The conclusion proposes a theory of populism as emergence and some methodological prospects based on the notion of ‘monad’.