Production et réception des manuscrits enluminés japonais des XVIIe et XVIIIe siècles : le cas du « Récit de Bunshô » (Bunshô sôshi)

vendredi 9 juin 2017
par  SFEJ
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La thèse intitulée :

Production et réception des manuscrits enluminés japonais des XVIIe et XVIIIe siècles : le cas du « Récit de Bunshô » (Bunshô sôshi)

a été soutenue le 09 juin 2017 par

Delphine Mulard

à l’INALCO

devant un jury composé de  :
Christophe Marquet (codir. INALCO)
Estelle Leggeri-Bauer (codir. INALCO)
Christian Heck (U. Lille 3)
Antoine Gournay (Sorbonne Université)
Véronique Béranger (BNF)
Claire-Akiko Brisset (U. Paris Diderot)

Résumé
Entre les années 1600 et 1750 de nombreux manuscrits enluminés (Nara ehon et Nara emaki), ont été élaborés. Peu de recherches ont été menées à leur sujet. En nous concentrant sur un récit, le Bunshô sôshi, nous avons étudié ces œuvres en trois temps.
Nous considérons d’abord le processus d’élaboration de ces œuvres. Peints par des artistes anonymes, les machi eshi, les rouleaux et les codex enluminés sont parfois signés de leur calligraphe ou portent un sceau de boutique. Les mêmes calligraphes et peintres travaillant pour des boutiques rivales, ces trois entités ne forment pas véritablement un atelier. Les boutiques peuvent agir comme les maîtres d’œuvre coordonnant les peintres et les calligraphes.
Il a été souvent dit que les codex et les rouleaux enluminés auraient été élaborés pour faire partie de trousseaux de mariage (yome iribon). En confrontant les sources historiques aux œuvres conservées, nous soulignons, dans la seconde partie de notre thèse, que cette affirmation est loin de se vérifier.
Enfin, nous consacrons un développement à l’étude de l’évolution de l’iconographie du Bunshô sôshi. Histoire de l’élévation sociale d’un saunier et d’une romance amoureuse entre la fille de ce dernier et un aristocrate, le Bunshô sôshi comporte des scènes problématiques du point de vue de l’échelle sociale, qui seront progressivement adoptées en combinaison avec des images spécifiques représentant le jeune premier comme un personnage androgyne (wakashu) et avec des compositions génériques rappelant d’autres récits.
Ce travail est la première étude de fond en français sur les Nara ehon et Nara emaki, et invite à ouvrir les perspectives de recherches sur le sujet.

Mots-clés : Machi eshi, Nara ehon-emaki, Asakura Jûken, Yome iribon, Bunshô sôshi, Époque d’Edo, Histoire de la réception, Visual studies, Wakashu, Histoire sociale de l’art

Abstract
In the years between 1600 and 1750 AC, many anonymous illuminated scrolls and books were produced in Japan, which are now collected under the name of Nara Ehon and Nara Emaki. Although they are very numerous, very few is known about them. This study is focused on those related to the tale of Bunshô and proceeds in three steps.
Firts, it examinates the making process of these scrolls and books. Although the painters remained anonymous, a calligrapher’s signature or the seal of a painting shop can sometimes be found. Calligrapher and painters could be working for several rival shops. Painting shops did not only sell painted scrolls or illuminated books, but worked the connections between the calligrapher and the painters as well.
Then, our study reconsiders the place of illuminated scrolls and books in marriages’ dowries, called yome iribon. From what we know about marriages through historical sources and the surviving illuminated books, it can be stressed that very few books can be considered as yome iribon.
Finally, an analysis of Bunshô Sôshi’s iconography throughout the years says a lot about how this tale was understood. As it tells about social ascension and how a saltmaker’s daughter and an aristocrat lived a romance together, there is in this tale some problematic scenes, where the social scale is turned upside down. Progressively, these scenes appear to be specifically chosen to be illustrated with compositions with an androgenic character (wakashu) as the hero, or as part of more generic compositions echoing other stories as well.
As this study is the first extensive research made in French about Nara Ehon and Nara Emaki, it opens a large research field.

Key Words : Machi eshi, Nara ehon-emaki, Asakura Jûken, Yome iribon, Bunshô sôshi, Edo period, History of reception, Visual studies, Wakashu, Social history of Art