[Conférence] « Institutions, politiques fédérales et reconfigurations contemporaines du genre au Japon », 6 mars 2026, mode hybride, Université de Lausanne

Annonce d’une conférence sur le sujet des « Institutions, politiques fédérales et reconfigurations contemporaines du genre au Japon » le 6 mars 2026 en format hybride, à l’Université de Lausanne.

Interventions :

  • Chloé Bellec, « La place accordée aux pratiquants hommes dans la Fédération japonaise de naginata »
  • Jean-Christophe Helary, « Le rôle des femmes dans l’augmentation des effectifs de kendō »
  • Paul Bénézet, « Observer et être observé : la fabrique des techniques de corps martiales »

Discutante : Lucie Hémeury

Programme sur ce lien.

[Soutenance HDR] Anne-Lise Mithout, 28 mars 2026, Inalco

Anne-Lise Mithout a le plaisir de vous annoncer la soutenance de son habilitation à diriger des recherches, qui aura lieu le samedi 28 mars 2026 à 9h à l’Inalco, 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris, salle 4.23 (4ème étage). 

Le dossier, intitulé « Le handicap comme désavantage social au Japon : Sociologie d’une population minorisée », est composé de trois volumes : un mémoire de synthèse présentant le parcours de recherche et ses perspectives de développement, une monographie publiée et un recueil constitué de quinze articles ou chapitres d’ouvrage publiés et de deux textes inédits. Vous en trouverez une brève présentation ci-dessous. 

La soutenance se tiendra devant un jury composé de :

  • Madame Isabelle Konuma, Professeure des universités (Inalco), garante
  • Monsieur Christian Galan, Professeur des universités (université Toulouse-Jean-Jaurès), rapporteur
  • Monsieur Sébastien Lechevalier, Directeur d’études (EHESS), rapporteur
  • Madame Sandra Schaal, Professeure des universités (université de Strasbourg), rapporteure
  • Madame Jennifer Fournier, Responsable formation supérieure et recherche (Ocellia), examinatrice
  • Madame Liliane Pelletier, Professeure des universités (université Lumière Lyon 2), examinatrice

La soutenance sera suivie d’un délicieux buffet auquel vous êtes chaleureusement conviés. Anne-Lise vous remercie de bien vouloir la prévenir de votre venue afin qu’elle puisse mettre les petits plats dans les plus ou moins grands. 

[Journée d’étude] « Body as Subject in Religious and Healthcare Spaces. A Comparative Perspective with Japan », 9 mars 2026, Université Paris Cité

À l’occasion de la visite de Yasui Manami, professeure d’études japonaises à l’International Research Center for Japanese Studies (Nichibunken, Kyoto), en tant que professeur invité d’Université Paris Cité, nous avons le plaisir de vous inviter à la journée d’étude internationale « Body as Subject in Religious and Healthcare Spaces A Comparative Perspective with Japan ».

Body as Subject in Religious and Healthcare Spaces. A Comparative Perspective with Japan
Lundi 9 mars 2026 de 9h30 à 15h00 

Salle Léon Vandermeersch (481C) 

4e étage, aile C, bâtiment des Grands Moulins, 

10 esplanade Pierre Vidal-Naquet, 75013, Paris

Université Paris Cité

Organisé par Ken Daimaru (Université Paris Cité, CRCAO) et Matthias Hayek (EPHE, CRCAO)

Programme : 
9:30-9:40 :     
Introduction : Ken Daimaru (Université Paris Cité, CRCAO)

Session matinale « Human Body as Concept, Practice and Representation », animée par Matthias Hayek (EPHE, CRCAO)

9:40-10:20 : Yasui Manami (International Research Centre for Japanese Studies, Japan, professeure invitée d’Université Paris Cité), « Body Images and Healing in Modern and Contemporary Japan. A Comparison Perspective ».
10:30-11:00 : Anna Andreeva (Ghent University), « Childbirth in Medieval Japan: Time, Politics, Expertise ».
11:10-11:40 : Lucia Dolce, « Body Parts on Display: Vows, Illness and Material Proxies in Japanese Temples and Catholic Churches ».

Session d’après-midi « Maternity, Religious Landscapes, Healthcare Pluralism in Comparative Perspective », animée par Ken Daimaru (Université Paris Cité, CRCAO)


13h30-15h00 : Table ronde avec la participation de Matthias HayekClémence Jullien (CNRS, CESAH), Manami Yasui

Cet événement est organisé avec le soutien du CRCAO, de la Faculté Sociétés & Humanités, de l’UFR Langues et Civilisations de l’Asie Orientale, de la Graduate School of East Asian Studies d’Université Paris Cité et de l’International Research Center for Japanese Studies.

Yasui Manami donnera également une conférence intitulée Yōkai, Mysterious Phenomena in Japanese Environmental Context dans le séminaire « Environnement en contexte japonais » le jeudi 26 février de 10h30 à 12h en salle 237C du bâtiment de la Halle aux Farines à Université Paris Cité (9-15 esplanade Pierre Vidal-Naquet 75013 Paris).

En espérant vous retrouver nombreux.

[Poste] Vacation de préparation d’une exposition sur les armes et armures japonaises H/F, date limite de candidature 5 mars 2026

Dans le cadre de l’organisation d’une exposition du Musée de l’Armée sur les armes et les armures japonaises pour 2028, le commissariat de l’exposition, composé de trois personnes, recrute un ou une assistante d’exposition.

Date limite de candidature : 5 mars 2026

Rattaché au commissariat, le vacataire aura, entre autres, les missions suivantes :

En recherche et documentation :

– Recherches bibliographiques, documentaires et iconographiques.

En préparation et coordination de l’exposition :

– Aide à la recherche historique et à la documentation des objets ;

– Prospection dans les collections institutionnelles françaises, européennes, japonaises et auprès de collectionneurs privés ;

– Élaboration et suivi d’une liste d’œuvres ;

– Suivi des demandes de prêts en lien avec le département des expositions et de la muséographie ;

– Coordination et suivi de la scénographie en lien avec le département des expositions et de la muséographie ;

– Coordination des demandes et droits des reproductions H.D. en lien avec le département des éditions et des manifestations scientifiques ;

– Aide à la rédaction des textes préparatoires ;

– Suivi du catalogue en lien avec le département des éditions et des manifestations scientifiques ;

– Échanges avec les membres du comité scientifique de l’exposition ;

En régie et conservation des œuvres :

– Présence en aller-voir d’œuvres en réserves et rapports ;

– Relevé des conditions de conservation et d’exposition particulières.

En assistance au commissariat :

– Suivi des échanges avec les prêteurs et les collaborateurs du projet ;

– Tenu de la liste de contacts de l’exposition ;

–  Aide à la préparation des réunions de l’exposition et à la conception des supports de présentation ;

–  Suivi des projets autour de l’exposition en lien avec les départements et services du Musée concernés (mission communication, direction du développement et des publics, cycle cinéma, saison musicale…).

Profil recherché

Diplôme

Docteur, doctorant ou master en histoire du Japon, en histoire de l’art, et/ou en muséologie.

Savoir

La connaissance de langues étrangères est nécessaire :

  • Français : excellente maîtrise de l’écrit et de l’oral.
  • Anglais : bonne maîtrise de l’écrit et de l’oral.
  • Japonais : maîtrise moyenne minimum, de l’écrit et de l’oral.

Savoir-faire

  • Connaissances en gestion muséal : prêts, édition, médiation, multimédia, bases de données.
  • Maîtrise des logiciels bureautiques (Office) et des bases de données de collections.

Savoir-être

  • Précision et rigueur
  • Sens de l’organisation
  • Bonnes capacités de recherche
  • Qualités rédactionnelles et relationnelles
  • Savoir faire preuve d’initiatives
  • Sens du travail en équipe

[Parution] Nouvelle publication de L’Anthologie de la poésie japonaise, de Georges Bonneau

Michel Vieillard-Baron a le plaisir de vous annoncer que les éditions À l’enseigne du pot cassé (Paris) viennent de republier l’Anthologie de la poésie japonaise de Georges Bonneau, parue la première fois en 1935 et depuis longtemps épuisée.

Georges Bonneau (1897-1972), lui-même poète, vécut au Japon plus de 20 ans, de 1920 jusqu’au début de la seconde guerre mondiale.  Il rencontra pendant son séjour certains poètes parmi les plus importants de son temps : Yosano Akiko, Horiguchi Daigaku, Kitahara Hakushû…

La présente anthologie contient la traduction de 306 poèmes dus à 39 poètes, dont cinq femmes, et des pièces anonymes.

Les poèmes les plus anciens datent du VIIe siècle, les plus récents sont contemporains du traducteur. Les principaux genres sont représentés : tanka (waka), haikai (haiku), shintaishi, mais également le dodoitsu, genre poétique pratiqué par les paysans et les geisha (entre autres).

La présente réédition est illustrée par un jeune artiste graveur, François Pache. J’ai pour ma part écrit l’introduction.

Vous trouverez toutes les informations en vous rendant sur le site de la maison d’édition:

https://editionpotcasse.fr/preparation-dune-anthologie-de-la-poesie-japonaise/

[Conférences] Madame Yoshida Yuriko – Programme Professeurs invités de l’EHESS, 19 & 20 février 2026

Nous avons le plaisir de vous informer des conférences données par YOSHIDA Yuriko dans le cadre du programme Professeurs invités de l’EHESS, sur proposition de Guillaume Carré, en février-mars 2026.

Mme Yoshida Yuriko est professeure émérite de l’Université des Etudes étrangères de Tokyo. Ses recherches portent sur l’histoire du Japon à l’époque moderne (époque d’Edo). Elle s’intéresse particulièrement à l’étude des populations ordinaires et des communautés locales, en y intégrant une perspective de genre, ainsi qu’aux minorités, notamment les groupes marginalisés appelés « Sasara » (簓), qui pratiquent le manzai (万歳) et vont de porte en porte pendant le Nouvel An pour prier et souhaiter le bonheur. Actuellement, elle participe à un projet de recherche en histoire environnementale visant à mettre en lumière le rôle essentiel des arbres dans la ville d’Edo-Tokyo, non seulement comme source de matériaux de construction et de combustible, mais aussi comme élément contribuant à la protection de la santé des habitants en milieu urbain.

Dans le cadre de son invitation à l’EHESS, elle donnera quatre conférences. Le programme est disponible en suivant :https://carnetsjapon.hypotheses.org/42996

Les deux premières conférences auront lieu :  

Jeudi 19 février 2026, 12h30 -14h30

« Villes et villages du Japon prémoderne à travers les sources« Séminaire de Guillaume Carré (CRJ)

EHESS Condorcet, salle A 302, 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers

Vendredi 20 février 2026, 9h00-11h00  

« Séparation des guerriers et paysans et statuts sociaux dans le Japon des Tokugawa« ,  Séminaire de Fanny Cosandey (CRH)

EHESS, Salle AS1-08, 54 bd Raspail, 75006 Paris 

[Journée d’étude] « Dream Balloons in China and Japan », vendredi 3 avril 2026, Collège de France

Dream Balloons in China and Japan

International one-day symposium, Friday, April 3rd, 2026

Location: Room Françoise Héritier, Collège de France, 11 place Marcelin-Berthelot, 75231 Paris cedex 05

The event will be held in person with a virtual attendance option (link provided upon request)

Contact (information and Zoom link: marianne.simon-oikawa@u-paris.fr)

Event organized with the support of the East Asian Civilizations Research Centre (CRCAO)

Presentation

Between the seventeenth and early twentieth centuries, dream representations in China and Japan made extensive use of speech balloons. Typically, a character has a dream that is represented within a balloon. However, many examples do not fully conform to this pattern, as it can vary depending on the type of dream or psychic phenomenon being depicted. What exactly does the balloon contain? What forms does it take? How does it interact with other delimiting devices, such as clouds? What similarities can be identified among China, Japan, and the West?

This international one-day symposium is the second event organized within the Histoires de bulles program (CRCAO, East Asian Civilizations Research Centre, 2025–2029), which aims to study the speech balloon as an object of knowledge, both in terms of its intrinsic characteristics and its visual and broader cultural ecosystem, with the ultimate goal of identifying an “economy of the balloon” and perhaps even sketching the outlines of a general theory.

Website:

https://www.crcao.fr/recherche/formes-du-texte-usages-de-limage-dans-les-livres-japonais/?lang=en

Program

09:30-09:45. Coffee and tea

09:45-10:00. Marianne Simon-Oikawa (Université Paris Cité): opening remarks

Morning session

Chair: Annick Horiuchi (Université Paris Cité)

10:00-10:45. Vincent Durand-Dastès (Inalco): Dream Balloons in Late Imperial Chinese Books’ Illustrations: A Tentative Typology

Narratives from late imperial China, such as novels, dramas, and religious anecdotes, contain a significant number of dream scenes. These can be broadly classified into three main types: dreams forecasting glory (usually success in the imperial examinations) or failure; “spring dreams” (chunmeng), in which frustrated lovers dream of each other; and “hell dreams” (yinmeng), in which the protagonist makes a night-long visit to the Netherworld. We will demonstrate how these different narrative types give rise to different kinds of images in late imperial Chinese books, in which the dreamer may be situated either inside or outside the “dream balloon,” and the protagonists may meet or part within it.

10:45-11:30. Marie Laureillard (University Paris Nanterre): Dream Balloons in the Illustrations of Liaozhai zhiyi: From Early Editions to Lianhuanhua

Written by Pu Songling (1640–1715) between the late seventeenth and early eighteenth centuries, Strange Tales from a Chinese Studio (Liaozhai zhiyi) gives central importance to dreams, visions, and illusions, as evidenced by stories such as “The Wolf’s Dream” (Meng Lang). This paper examines the visual representation of these dreamlike states through a corpus of illustrated editions (engraved or painted) produced during the Qing dynasty and extending into the Republican period, as well as later lianhuanhua adaptations.

The graphic devices used to depict dream spaces will be examined in detail, including distinctive frames, vaporous motifs, and ambiguous spatial continuities. The illustrations of the Liaozhai zhiyi display great formal and semantic diversity in these “dream balloons”: some are delimited by cloud-like contours, while others are defined by smooth lines. The element linking them to the character — what may be termed an “oneiric tail” or “connective loop” — may be twisted, coiled, or simply left plain. These graphic variations refer not only to dreams in the strict sense, but also to a variety of mental and narrative states, including visions, hallucinations, spiritual revelations, imaginary projections, and liminal spaces between the real and the supernatural. I therefore propose a classification based on both iconographic criteria (shape, contour, and type of linkage) and semantic and narratological criteria. This approach makes it possible to distinguish among the different modes of representing interiority and the supernatural that are specific to the Liaozhai aesthetic.

11:30-12:00. Q&A

Afternoon session

Chair: Laura Moretti (University of Cambridge, Faculty of Asian and Middle Eastern Studies)

13:30-14:15. Marianne Simon-Oikawa: Representing the Handan Dream in Early Modern Japanese Visual Culture

Among depictions of dreamers in Japanese visual culture, many refer directly or indirectly to a Chinese story: the Yellow Millet Dream, also known as the Handan Dream. The story concerns a young man who hopes to take part in the imperial examinations in order to achieve glory. While staying at an inn, he falls asleep and dreams of a lifetime of ups and downs. When he wakes, he realizes that his dream lasted only a few minutes. Numerous representations — variations and reinterpretations of this archetypal story — depict dreams that last only a moment, from Kinkin sensei ega no yume by Koikawa Harumachi (1775) to Miru ga toku issui no yume by Hōseidō Kisanji (1781), to name but a few examples. Balloons are frequently used in these books. We will analyze their forms and functions, defining their specificity through comparison with a range of examples drawn from other books and prints.

14:15-15:00. Julie Nelson Davis (University of Pennsylvania): Haunted Dreams: The Nightmare in Edo Prints and Illustrated Books

When sleepers dream in Edo-period prints and illustrated books, their dream balloons often represent scenes of good fortune and wish fulfillment. To dream of Mt. Fuji, falcons, and eggplants foretold an auspicious year to come and was a commonly referenced scene in ukiyo-e sheet prints. Other prints show dream balloons where the sleeper’s deepest desires are fulfilled in prosperity as well as in matrimony. Yet scary dreams of monsters, shapeshifters, and things that go bump in the dark are much rarer. In this presentation, we will consider the aesthetics of the nightmare, its iconographical references, and the potential of the dream balloon to function as a space of parody and social inversion. Through selected examples, we will attend to the different ways that the nightmare was presented in sheet prints and illustrated books as well as to the problem of when monstrous parody went too far and had to be suppressed.

15:00-15:30. Q&A

15:30-15:45. Florence Dumora (Université Paris Cité): Counterpoint: Dreams and Balloons in the West

[Séminaire doctoral] « La maison pour un pionnier d’Osamu Ishiyama (1974-1986) : retracer l’histoire d’un chantier d’autoconstruction », 24 février 2026, Tokyo

L’Institut français de recherche sur le Japon vous invite à la prochaine séance de son séminaire doctoral :

La maison pour un pionnier d’Osamu Ishiyama (1974-1986) : retracer l’histoire d’un chantier d’autoconstruction

mardi 24 février 2026 / 18h-20h
séminaire doctoral / salle 601 & en ligne / en français sans traduction

Conférencière : Alice PARIS (univ. libre de Bruxelles)

Cette thèse en histoire de l’architecture prend pour point de départ un bâtiment, la Maison pour un Pionnier (Nagano, 1973-1986), qu’elle décrit au plus près de son élaboration concrète et matérielle, à partir de représentations produites par différents acteurs avant, pendant et après le chantier. Conçue par l’architecte Osamu Ishiyama (1944-), construite par l’agriculteur Koichi Masahashi (1948-), et assemblée à partir de tôles en acier utilisées dans des travaux de génie civil, cette maison occupe une place singulière dans les ouvrages de synthèse sur l’architecture et le logement du Japon d’après-guerre, notamment en raison d’une collaboration inhabituelle entre un concepteur et un constructeur.

C’est ce travail de collaboration, reconstitué à partir d’un corpus de documents issus des archives personnelles des deux protagonistes (correspondances, reçus, instructions, plannings et photographies de chantier), qui constitue le cœur de l’enquête. À partir de ce cas, ce travail interroge les manières dont Ishiyama et d’autres architectes engagés dans des collectifs concernés par l’évolution du marché du logement japonais, ont, au cours des années 1970 et 1980, expérimenté de nouvelles façons de collaborer, de construire et de communiquer leurs démarches. Cette présentation s’attachera à montrer comment, au cours de ce projet, Ishiyama a mis au point des outils de représentation spécifiques, à la fois adaptées aux conditions de production atypiques de la maison, et susceptibles d’être repris, publiés et diffusés comme supports d’un discours critique sur la profession.

Que faire des trous et lacunes dans la documentation ? Comment s’affranchir des discours quand ceux-ci nous convainquent et semblent omniprésents ? Comment passer de la plus petite échelle à la plus grande, du détail constructif à l’industrie de la construction, sans perdre le fil ? Outre la présentation de l’état actuel des hypothèses, cette intervention sera également l’occasion de discuter des difficultés rencontrées dans le travail de restitution en cours de l’enquête.

Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise : 3-9-25, Ebisu, Shibuya-ku, Tokyo, 150-0013 Japon

Information et inscription.

[Disparition] Monsieur Michel Vié (1929-2026)

Nous avons le regret de vous transmettre le message suivant, que nous fait parvenir Michael Lucken :

Nous vous informons avec grande tristesse du décès le 7 janvier 2026 de Michel Vié, à l’âge de 96 ans. Professeur à l’Inalco jusqu’en 1995, il a joué un rôle pionnier dans l’historiographie du Japon en France. Ses deux « Que-Sais-Je? » Histoire du Japon. Des origines à Meiji (1969), et Le Japon contemporain (1971), maintes fois réédités, ont servi de référence à des générations d’étudiants. Son autre grand livre, Le Japon et le monde au XXe siècle (Masson, 1995), dresse un portrait fouillé du Japon de Meiji jusqu’à 1952, en y incluant des développements sur l’empire colonial à une époque où rares étaient les japonologues qui sortaient du périmètre de l’archipel.

Fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Vié

Nous adressons toutes nos condoléances à son épouse, Mme Takagi Yumiko.

[Appel à contributions] Numéro 29 de la revue Cipango, Cahiers d’études japonaises, contributions à envoyer avant le 4 octobre 2026

Cipango, numéro 29 : Japon – Périodisation(s) en question(s)

Dans deux de ses ouvrages de référence, Histoire et Mémoire, et Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?, l’historien Jacques Le Goff interroge l’action humaine de découpage du temps qu’est la périodisation, un acte qu’il qualifiait de « complexe, chargé à la fois de subjectivité et d’effort pour produire un résultat acceptable par le plus grand nombre »[i]. Pour Le Goff, la périodisation est artificielle et provisoire[ii]. Dans une inspiration similaire, le philosophe Daniel Milo a quant à lui proposé de décaler le début de l’ère chrétienne, cherchant à démontrer la valeur, devenue intuitive et banale, de l’unité de découpage « siècle », mais également, par là même, son caractère artificiel[iii]. Or, si l’on comprend l’histoire comme récit d’événements[iv], à l’instar de Paul Veyne, et si l’on accepte, comme Le Goff, que sortir de la périodisation, c’est sortir d’une histoire événementielle[v], comment donc écrire l’histoire ?

Au Japon aussi, la question de la périodisation et de l’articulation entre les époques a fait l’objet de nombreux travaux, notamment à propos de l’époque kinsei 近世. La coexistence d’une multiplicité d’expressions en français et en anglais pour rendre ce terme matérialise d’ailleurs toute la validité d’un tel questionnement. En effet, depuis le début des années 1990, des historiens tels qu’Asao Naohiro[vi], Bitō Masahide[vii], ont réfléchi aux bornes chronologiques de leur période d’étude, de son commencement à son chevauchement avec la période, dite du bakumatsu (littéralement de « la fin de l’époque shogunale »). Depuis, nombre de chercheurs et chercheuses ont procédé à un décloisonnement géographique et chronologique de leurs objets d’étude, ce qui a permis de mettre au jour de nouvelles chronologies et temporalités[viii].

Les réflexions autour de la périodisation rejoignent, plus généralement, celles portant sur la catégorisation ; la question des bornes chronologiques du Japon « moderne » est d’ailleurs au cœur d’un grand nombre d’ouvrages portant sur l’archipel[ix]. Elles s’inscrivent dans une série de larges questionnements sur le Japon : comment y a-t-on classé, conçu, pensé le « moderne » ou le « classique », le « passé » ou le « présent », l’« ancien » ou le « (re)nouveau », l’« héritage » ou l’« anachronisme » ? Y existe-t-il des « marges périodiques/chronologiques », comme il existerait des marges statutaires ? Mais elles soulèvent aussi, par ailleurs, des enjeux politiques quant à la place de la périodisation dans le cadre des récits nationaux, centrale par exemple dans le cas de la Chine contemporaine. Cette dimension questionne également, par corollaire, un problème fondateur : comment y a-t-on succombé ou résisté à l’imposition du récit européen, comme l’écrit Jack Goody[x], voire à l’allochronisme, tel que défini par Johannes Fabian[xi] ? Quel(s) avenir(s) s’y dessine-t-on, au-delà du présent ?

Ce numéro de Cipango a pour vocation de mettre en lumière les différentes manières dont les chercheurs et chercheuses s’intéressant au Japon (toutes disciplines confondues) et travaillant sur des sources en langue japonaise, ont pu – ou dû – appréhender, contourner, confronter, comprendre, ou remettre en question la périodisation, mais aussi interroger et manipuler les catégories chrononymiques dans l’analyse de leurs objets d’étude. 

En plus de ce dossier thématique, le comité accepte également des articles varia qui pourront être publiés en marge du présent dossier ou dans un numéro à part.

Celles et ceux qui souhaiteraient soumettre un manuscrit à la revue Cipango sont invité.e.s à l’envoyer au format .doc/.docx avant le 4 octobre 2026 à l’adresse edouard.lherisson@inalco.fr (en ajoutant en copie ken.daimaru@u-paris.fr). Une évaluation sera ensuite réalisée avant la fin du mois de novembre 2026, la version finale des manuscrits devant être soumise à la revue pour le 10 janvier 2027. La publication est prévue à la fin de l’année universitaire 2027. Les consignes aux auteurs sont consultables sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/cipango/687.

Les personnes qui souhaiteraient obtenir des informations supplémentaires peuvent contacter la responsable scientifique du numéro, Noémi Godefroy.


[i] LE GOFF Jacques, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?, Paris, Seuil, collection ‘La Librairie du XXIe siècle’, 2014, p.15.

[ii] Ibid., p.37

[iii] MILO Daniel S., Trahir le temps (histoire), Paris, Les Belles Lettres, 1991.

[iv] VEYNE Paul, Comment on écrit l’histoire, Paris, Points, 2015, p.14, 23.

[v] LE GOFF Jacques, Histoire et Mémoire, Paris, Gallimard, 1988, p.32

[vi] ASAO Naohiro 朝尾直弘, « Kinsei to wa nani ka » 近世とは何か, in ASAO Naohiro (dir.), Nihon no kinsei 日本の近世, Tokyo, Chūō-kōron, 1991, republié dans le volume 8 des Œuvres complètes d’Asao Nobuhiro Asao Naohiro chōchosaku shū 朝尾直弘著作集, Tokyo, Iwanami shoten, 2004.

[vii] BITŌ Masahide 尾藤正英, Edo jidai to wa nani ka 江戸時代とは何か, Tokyo, Iwanami Shoten, 1992.

[viii] Par exemple, HAMASHITA Takeshi浜下武志 & KAWAKATSU Heita 川勝平太 (dir.), Ajia kōeki ken to Nihon kōgyōka 1500-1900アジア交易圈と日本工業化 1500-1900, Tokyo, Liburo, 2000, Walker Brett L., The Conquest of Ainu Lands: Ecology and Culture in Japanese Expansion, 1590-1800, Berkeley, University of California Press, 2001, DRIXLER Fabian, Mabiki – Infanticide and Population growth in eastern Japan, 1660-1950, Berkeley, University of California Press, 2013.

[ix] Voir notamment GLUCK Carol, Japan’s Modern Myths – Ideology in the Late Meiji Period, Princeton, Princeton University Press, 1985.

[x] GOODY Jack, Le vol de l’Histoire – Comment l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde, Paris, Gallimard, 2010.

[xi] FABIAN Johannes, Time and the Other: How Anthropology Makes its Object, New York, Columbia University Press, 2002, p. 32-34.