Nous vous transmettons un appel à contribution pour un ouvrage collectif, présenté plus bas. Ce collectif sera partiellement issu des travaux du colloque de juin 2024, coorganisé par l’lrAsia et l’Ifrae (avec l’aide du GIS Asie) « Termes et notions de l’esthétique japonaise : une approche historique et philosophique » (programme joint pour référence), mais nous ouvrirons le projet à deux ou trois contributions sur appel

Pour précision, il n’est pas question de faire ici œuvre de philosophie théorique ou d’interprétation libre, que nous laissons à d’autres travaux, mais bien d’histoire du vocabulaire et des idées, ou encore de philologie. Nos deux réquisits sont les suivants :

  • Une connaissance suffisante du japonais, illustrée par une étude méthodique des sources, ou des études de vocabulaire basées sur un terrain avec un protocole de preuve etc. 
  • La possibilité pour nous de pouvoir assurer une évaluation suffisante sur le sujet proposé.

Nous insistons sur ce dernier point car, même si nous voulons encourager l’originalité, celui-ci risque de limiter, pour l’heure et pour cet ouvrage-ci, notre latitude d’accepter vos propositions. En revanche, nous pouvons ouvrir nos perspectives, notamment hors des deux sous-axes proposés, par exemple sur le cadre chronologique etc. tant que les réquisits peuvent être respectés.

Pour candidater, prière d’envoyer une première proposition sous forme d’abstract de 300 mots à une page, à cette adresse d’ici le 28 février 2026. N’hésitez pas à transmettre à toute personne susceptible d’être intéressée.

Arthur Mitteau, maître de conférence à l’université d’Aix-Marseille, UMR IrAsia, associé IFRAE


L’« esthétique japonaise » et ses termes : sources, usages, polysémie, reconstructions

Dans la masse des publications – livres, media, programme d’institutions culturelles etc. – portant sur l’univers culturel japonais, on trouve souvent référence à une « esthétique japonaise », au singulier, malgré la fluctuation des interprétations particulières qui semblent en être faites. Il existe pourtant des thèmes récurrents, souvent autour de termes bien précis, censés faire un lien avec le passé culturel du pays. De l’aware au wabi en passant par le yûgen, ces catégories esthétiques, dont la convocation semble répondre à certaines modes et vogues – à l’instar de celle du ma –, n’en sont pas pour autant dépourvues de racines historiques, que l’étude des sources textuelles, et de leur contexte d’histoire culturelle (arts et pratiques, institutions, représentations collectives) de production, peut contribuer à mettre en lumière. Existe-t-il donc une esthétique, ou des esthétiques japonaises, en tout cas sous la forme d’un objet d’étude scientifique ? Et selon quel processus historique l’« esthétique japonaise », comme un ensemble de croyances contemporaines, s’est-elle constituée ? 

Ce collectif rassemble des travaux individuels autour de telles problématiques. Il n’est donc ni un ouvrage de philosophie ni de théorie directe, mais peut au contraire servir de référence pour ce type de travaux, aussi bien que pour les recherches en histoire littéraire, intellectuelle, des représentations etc. Le point commun de toutes les autrices et auteurs étant la spécialité en études aréales, donc un accès à la langue source, il vient donc contribuer à un relatif vide éditorial en langue française, malgré certains travaux précurseurs, sur un sujet souvent abordé, mais souvent sans de telles exigences ou contrôle des pairs. Le programme est certes loin d’être exhaustif, sur un sujet pour lequel il demeurera toujours une certaine indétermination linguistique, mais il vise à donner des pistes pour d’autres travaux.

Après une introduction posant un cadre définitionnel, les contributions se regroupent autour de deux sous-axes :

  • Les études sur des termes de vocabulaire particulier en contexte ;
  • Des analyses du processus de constitution, idéologique et philosophique, de constitution de l’« esthétique japonaise » au XIXe et au XXe siècle.