Journée d’études : Histoire environnementale d’Edo et de ses rivages
Vendredi 6 mars 2026
EHESS Condorcet, salle C387, Aubervilliers
10h–12h30 : « Les arbres du château d’Edo et du palais impérial, des Tokugawa à Meiji »
Conférence de Mme Yoshida Yuriko (Professeure émérite de l’Université des langues étrangères de Tokyo)
Discutant : M. Olivier Renaudeau (Conservateur au Musée de l’Armée, Invalides)
(en japonais, avec traduction en français)
Résumé :
Les restaurations, voire les reconstructions, de châteaux de l’époque d’Edo sont en vogue au Japon depuis le début des années 2000. On néglige cependant à cette occasion le rôle et la place des arbres dans ces dispositifs. L’exemple du château d’Edo et de ses fossés illustre le soin qu’apportaient les gouvernements guerriers à la plantation de nombreux arbres au cœur de leurs capitales. Mais à l’ère Meiji, la modernisation des anciennes cités castrales se manifeste également dans la politique des nouvelles autorités concernant les arbres. L’ancien château d’Edo, qui a perdu ses fonctions militaires pour devenir le palais impérial, va devenir ainsi un espace où vont se mettre en place des mesures publiques concernant la plantation d’arbres, destinées à assurer la sécurité et le confort des habitants.
14h–16h30 : « La culture des algues nori dans la baie d’Edo« Conférence de M. Yoshida Nobuyuki (Professeur émérite de l’Université de Tokyo)
Discutant : M. Laurent Herment (Directeur de recherches au CNRS)
(en japonais, avec traduction en français)
Résumé :
Les algues alimentaires nori, bien connues en France pour leur usage dans la confection des makizushi, sont devenues à partir du 18e siècle l’une des spécialités de la cité d’Edo. Les sites de production, se trouvaient dans l’actuelle baie de Tokyo, et ont connu un fort développement au 19e siècle, lorsque se mettent en place, dans la capitale shogunale, les éléments typiques de la culture culinaire japonaise. L’histoire des villages et des populations qui ont soutenu l’approvisionnement de la métropole en algues, est riche d’enseignement sur les droits et conditions d’exploitation des ressources marines, sur les liens entre pouvoir guerrier et commercialisation de ces denrées, et sur la diversification des acteurs de ce marché qui accompagna la croissance de la consommation urbaine.
