La prochaine séance du séminaire du groupe Éducation, enfance-s et société en Asie orientale (EESAO) de l’IFRAE se tiendra vendredi 3 avril 2026 à l’Inalco (Maison de la Recherche, salle de Sacy), de 14h à 17h. La participation est également possible en distanciel (lien Zoom sur demande).
Nous accueillerons deux intervenantes autour de la thématique « Exister dans la société japonaise (partie 2) : l’inclusion des plus jeunes ».
Anne-Lise Mithout, maîtresse de conférences, université Paris-Cité
« Grandir sans soutien familial : les jeunes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance au Japon »
L’aide sociale à l’enfance prend en charge les enfants qui ne peuvent pas vivre avec leur famille. Aujourd’hui, la plupart de ces enfants ne sont pas orphelins, mais ils font l’objet de mesures de placement en raison de difficultés liées à leur foyer familial (difficultés économiques ou problèmes de santé des parents, situations de maltraitance, etc.). Ils sont alors accueillis soit en famille d’accueil (satooya), soit en institution (jidô yôgo shisetsu). Mais comment les dispositifs de protection sociale accompagnent-ils ces jeunes ? Dans quelle mesure pallient-ils le désavantage social lié à l’absence de soutien familial ou, à l’inverse, génèrent-ils de nouvelles formes de désavantage ?
Cette présentation s’appuie sur une enquête de terrain menée en 2025. Elle montrera que le secteur de l’aide sociale à l’enfance connaît des transformations majeures ces dernières années, visant à rapprocher les dispositifs de prise en charge d’un cadre « familial » idéalisé, mais que les inégalités demeurent nombreuses entre les enfants placés et les autres enfants.
Natsuki Kawasaki, doctorante (Inalco-IFRAE), université Toulouse-Jean Jaurès
« Entre autonomie locale et garanties nationales : prise en charge des élèves en difficulté linguistique et culturelle dans l’arrondissement de Meguro dans le contexte de la décentralisation éducative »
L’objectif de cette présentation est d’analyser la manière dont, dans le cadre de la décentralisation éducative au Japon, les élèves en « Difficulté Linguistique et Culturelle » (DLC), identifiés comme « ayant besoin d’un enseignement de japonais », sont pris en charge au niveau local. Depuis les années 1990, les réformes de décentralisation et de réorganisation des finances publiques ont accru la marge de manœuvre des collectivités territoriales pour l’organisation concrète de l’action éducative, tout en rendant cette action dépendante de leur capacité financière et de leurs priorités politiques.
Dans une telle situation, l’enseignement du japonais ne peut plus être considéré comme un simple soutien supplémentaire « souhaitable s’il existe », mais comme un service éducatif de base, indispensable pour permettre aux élèves DLC de participer aux cours et d’accéder aux opportunités d’apprentissage de base. Dans cet exposé, il s’agira de montrer dans quelle mesure la possibilité de bénéficier de cet enseignement du japonais est influencée par les différences de dispositifs institutionnels et organisationnels entre collectivités locales.
Plus d’informations dans le programme en pièce jointe ainsi que sur le site du groupe : https://eesao.hypotheses.org/5451.
N’hésitez pas à communiquer l’information aux étudiants de vos départements pouvant être intéressés.
Au plaisir de vous y accueillir, bien cordialement,
Christian Galan et Marine Depléchin

